Tout le monde ne sera surement pas concerné… Cependant le Workaholisme est un sujet très sérieux, qui était au programme de la journée nationale de la prévention des conduites addictives en milieux professionnels, le 6 décembre 2016. Le but de cette journée est de prévenir et de sensibiliser les conduites addictives, en matière de drogues, mais aussi de comportements en milieu professionnel.
L’addiction est une maladie, au même titre qu’une maladie chronique, que ce soit avec ou sans prise de substances psychoactives. Elle se traduit par l’existence d’impulsions irrépressibles, une sédation transitoire, un état de manque, des phénomènes compulsifs, une centration pathologique sur le travail et une tolérance qui correspond au besoin d’augmenter les doses.
“Le workaholisme correspond à un investissement excessif d’un sujet dans son travail et à une négligence de sa vie extraprofessionnelle. Ses conséquences sont délétères avec, entre autres, une mauvaise intégration dans l’équipe de travail et un risque d’évolution vers un syndrome d’épuisement professionnel.“
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“Une enquête effectuée sur 50 salariés de la région parisienne montre que 54 % d’entre eux présentent un risque moyen ou élevé de workaholisme.”
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Le premier stade du workaholisme est difficile à diagnostiquer, et souvent confondu avec un engagement au travail et une recherche de l’excellence, prônée par le management. Dès le deuxième stade apparaissent des difficultés familiales, professionnelles et sociales. Le troisième stade est celui de l’altération de la santé physique : constipation, hypertension artérielle, trouble du sommeil, dépression et anxiété, ulcère, maux de tête, irritabilité. La dégradation des performances professionnelles est perceptible, le travail en équipe compromis et l’insuffisance professionnelle évoquée.”
La prise en charge est généralement retardée du fait du déni qui peut perdurer longtemps, et de la difficulté à détecter les symptômes. Des signes simples peuvent cependant vous alerter. Le workaholic n’aime pas déléguer des tâches, n’a pas confiance en ses collègues, ne montre pas de reconnaissance dans la réussite des autres, et est trop perfectionniste. Cependant, le « gros travailleur » n’est pas un workaholic ; le premier lui sait s’arrêter quand le travail est fini. Mais pour le second, un travail ou on projet, ne semble jamais être achevé. Et il n’est pas rare que d’autres addictions s’associent aussi au workaholisme comme l’alcoolisme, le tabagisme ou la drogue.Selon la Revue de la Santé au Travail, il suppose l’existence de cinq critères sur les neuf définis ci dessous :
  • Des préoccupations fréquentes au sujet du travail
  • Une durée de travail supérieure à celle qui serait nécessaire par comparaison à des critères de référence communément admis
  • Un temps important passé à préparer, réaliser et relire un travail
  • Une immersion dans le travail en négligeant les obligations récurrentes de la sphère familiale ou sociale
  • Des arbitrages au détriment des activités familiales ou sociales qui sont alors sacrifiées
  • Un plaisir ou du moins un soulagement pendant le travail
  • Une nécessité d’augmenter progressivement la durée du travail
  • Une perte de contrôle sur la maîtrise du planning et sur la durée du travail
  • Une tension et une agressivité si le sujet est empêché de travailler

Des remarques venant des enfants, du (de la) conjoint(e) peuvent suffire à faire prendre conscience auworkaholic. Souvent malheureusement un choc majeur comme un infarctus, une maladie coronarienne… peut y contribuer.

La psychothérapie, les thérapies de groupe, consulter un médecin du travail, sont aussi des moyens efficaces. Mais avant tout, le travailleur doit redéfinir ses priorités et arranger son emploi du temps. Car selon Scott Adams, « Il y a une limite au bonheur qu’on peut tirer de son travail ».